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RÉFLEXIONS ET RÉPERCUSSIONS DE LA PANDÉMIE DU COVID-19 AUPRES DU PERSONNEL SOIGNANT

Bonjour Chères Collègues et Chers Collègues médecins, psychologues, psychothérapeutes,
Bonjour Chers patients,

Suite à un appel d’une journaliste qui m’a interviewé sur ce thème, je me suis dit que je vous partagerais bien mes réflexions au cœur de la crise. Je les ai réparties en trois sections que sont le personnel soignant de première ligne, celle des psychologues et des psychothérapeutes et celle bien entendu de nos patients.

Les voici donc :

1. Répercutions auprès du personnel soignant de première ligne

Dans les hôpitaux surchargés de patients, beaucoup d’équipes médicales sont sur les genoux. Le matériel de ventilation est insuffisant, sans parler du manque cruel de masques. Les autres hôpitaux se tiennent prêts. Ces soignants, médecins infirmières, personnel de soins et de soutien logistiques ont bien entendu, peur d’être contaminés.

Quant aux médecins généralistes, ils font beaucoup de consultations par téléphone, envoient des ordonnances par internet. Ils constatent que les patrons des entreprises renvoient assez vite leur personnel à la maison, et donc les médecins généralistes font des certificats d’incapacité de travail via internet.

Beaucoup de nos soignants de première ligne au contact avec les patients sont prêts et au service de leur patients. Ils peuvent être bien sûr en colère par ce manque d’anticipation et de matériel médical de protection. Mais les généralistes se sont bien organisés et les responsables des associations et des cercles médicaux se sont mobilisés dès le début de la crise.

L’un d’entre eux m’a partagé son étonnement : c’est comme si les pathologies habituellement rencontrées par les médecins avaient diminué. La pathologie semble se focaliser sur la toux, les écoulements nasaux etc. et plus sur les pathologies cardiaques ou autres. Du moins pour l’instant.

Une analyse dans l’après coup sera très utile quant à l’anticipation de nos centres de crise, de nos stocks en tout genre, de nos futures stratégies à mettre en place. (Comme à Hong-Kong, en Corée, etc.). Comment le budget des soins de santé sera-t-il cette fois subsidié et géré ?

2. Répercutions auprès des psychologues et des psychothérapeutes

Ce qui me paraît essentiel pour l’heure, c’est de garder la solidarité et la santé physique et psychique des soignants, des psychothérapeutes. Nous devons faire en sorte que le Moi professionnel et le Moi personnel du médecin, du psychologue ou du psychothérapeute restent solide, intact.
Les soignants ont besoin de se sentir soutenus, épaulés et coachés dans leur tâche, des supervisions peuvent être mise en place. Il s’agit de les soutenir à résister face aux angoisses des patients et à leurs propres angoisses.

Nous devons nous préparer et anticiper, en étant conscient de notre propre éventuelle agitation intérieure en exerçant une saine vigilance qui ne soit pas une hypervigilance, mais une concentration dirigée sur l’essentiel et sur les mesures concrètes à prendre à prendre pour soi et pour les autres.

Un autre point essentiel sera d’anticiper la longueur de la crise qui peut durer encore semble-t-il 8 à 10 semaines, mais aussi dès à présent de préparer l’après coup de la crise tant au niveau psychologique qu’économique. Comment allons-nous envisager, à titre individuel et collectif, de nouvelles stratégies, d’autres attitudes, nourrir de nouvelles réflexions, adopter d’autres styles de vie, etc. Comment allons-nous tirer des leçons de ces évènements mondiaux.

Certains soignants m’ont partagé leurs craintes de la montée de la violence face aux conflits interpersonnels au sein de certaines familles fragilisées et/ou paupérisées, confinées dans un espace trop exigu. Ils craignent les violences intrafamiliales, chez des couples désunis ou en voie de procédure de séparation, des inquiétudes quant aux pertes financières, aux éventuels risques suicidaires face à d’éventuelles faillites.

Notre rôle de soignant au sens large du terme, est d’apaiser ces conflits, d’essayer de réinstaurer un calme intérieur, d’essayer de se centrer sur les aspects positifs que cette épidémie peut révéler : de la solidarité, de l’entraide, de la re-centration sur nos valeurs essentielles, sur l’analyse pondérée de ce qui est essentiel pour nous et que nous aurions oublié dans l’exercice de notre vie quotidienne,

Certains pour juguler ces états émotionnels pratiquent du yoga, de la sophrologie, de la méditation, de la pleine conscience, des exercices respiratoires, de la marche, de la lecture, de l’écriture, etc.

Il s’agit certes, d’être solidaire et coopératif et en même temps d’être non pas égoïste mais égotiste c’est-à-dire d’effectuer un certain retour sur soi qui est par ailleurs « obligé du fait du confinement et de la distance sociale actuelle obligée de 1m50 à respecter même avec des êtres chers ». Ouvrons une parenthèse mais n’oublions pas de la refermer par après.

3. Répercussions auprès de nos patients

Chez chacun d’entre nous patients ou soignants, ce confinement peut engendrer et/ou réactiver les angoisses d’abandon, des replis excessifs, des peurs exagérées, un réveil de notre ombre.
D’autres patients plus fragiles, peuvent parfois vivre une intolérance à la frustration, des colères, des passages à l’acte dans le non-respect des consignes données par le gouvernement.
Notre maturité affective est donc sollicitée chez nous toutes et tous. Notre entraide peut se mobiliser à cet endroit et faire contagion plutôt que la peur et l’angoisse.
Par ailleurs, nous avons à nous organiser et en quelque sorte nous protéger d’un excès d’informations via les médias, d’un afflux d’images traumatisantes (ambulances, hospitalisations, graphiques alarmants, chiffres en tous genres, etc.) qui peuvent venir réactiver des angoisses de mort, des traumatismes du passé de nos patients ou des nôtres.